Dans le cadre de l’appel à projet conjoint RIISQ-Ouranos (2022-2024), le projet de recherche « Évaluation spatiale du risque de consommation d’eau (potable) contaminée en période d’inondation », sous la responsabilité de Geneviève Bordeleau (INRS), réunit Roxane Lavoie (U.Laval) et Karem Chokmani (INRS), en collaboration avec Hachem Afili, Jasmin Gill Fortin, Yachar Ben Arous et Chloé Roy-Michel. Il a été réalisé grâce au support du RIISQ et d’Ouranos, dans le cadre du soutien à INFO-Crue, en partenariat avec GeoSapiens.
Résumé du projet
Les inondations entraînent des dommages matériels considérables, mais peuvent aussi compromettre la qualité de l’eau potable, particulièrement pour les personnes utilisant des puits privés. Afin de mieux comprendre et réduire ce risque, le projet interdisciplinaire « Évaluation spatiale du risque de consommation d’eau (potable) contaminée en période d’inondation » vise à évaluer, dans un contexte de crue, la vulnérabilité de l’eau des puits résidentiels à la contamination ainsi que les comportements de consommation associés, en intégrant à la fois les dimensions biophysiques et sociales du problème.
Le volet en sciences naturelles consiste à documenter la qualité de l’eau de puits situés à proximité de la rivière des Hurons (Stoneham-et-Tewkesbury) à différents moments (en période de référence et lors d’inondations). Quinze campagnes d’échantillonnage ont permis de collecter des données physico-chimiques et microbiologiques sur treize puits et trois points d’eau de surface. Des analyses statistiques multivariées et spatio-temporelles ont été réalisées pour identifier les facteurs influençant le risque de contamination, sa durée, et son étendue latérale.
En parallèle, le volet en sciences sociales a mobilisé des entrevues auprès de personnes résidant dans la région et d’organismes locaux afin d’explorer la perception des risques, les pratiques de consommation en contexte de crue, ainsi que les rôles et responsabilités attribués à différents acteurs dans la gestion de l’eau potable.
Les résultats préliminaires révèlent une variabilité importante des concentrations de contaminants d’un puits à l’autre, ainsi qu’un manque de connaissances ou de ressources pour assurer une consommation d’eau sécuritaire pendant les crues. Ce projet renforce les capacités locales en fournissant des recommandations fondées sur la science et les savoirs locaux pour protéger la santé publique. Il contribue ainsi à la résilience des communautés face aux aléas hydrologiques, dans un contexte de changements climatiques.
Recommandations
- Mise en place de protocoles municipaux d’avertissement et de soutien en cas d’inondation pour les personnes résidentes utilisant des puits privés, incluant des tests gratuits post-crue.
- Élaboration de guides pratiques épicènes sur les bons réflexes à adopter, diffusés avant la période printanière.
- Renforcement des liens entre les scientifiques, les personnes citoyennes et autorités locales pour co-construire des solutions ancrées dans les réalités de terrain.
- Valorisation continue des connaissances locales à travers des démarches participatives lors de projets similaires.
- Intégration du risque lié à l’eau potable dans les plans municipaux de sécurité civile, en considérant tant les dimensions environnementales que sociales.
Présentation du projets lors de conférence
Le projet a été présenté lors d’un webinaire le 11 avril 2025 :
Le projet a également été présenté lors du Colloque ‘Sauver la planète! : la cartographie des risques et la gestion financière des inondations’ organisé par le RIISQ à l’ACFAS en 2025.
Résumé : Les inondations causent d’importants dommages matériels et présentent des risques pour la santé publique, en particulier pour les résidences approvisionnées en eau potable via des puits privés. Ce projet évalue avec une approche interdisciplinaire le risque spatial de contamination de l’eau des puits et le risque de consommation d’eau potentiellement contaminée. Le volet sciences naturelles évalue la qualité de l’eau de puits résidentiels situés près de la rivière des Hurons pendant les périodes de référence et d’inondation, et effectue des analyses spatio-temporelles pour déterminer :
- les facteurs influençant le risque de contamination;
- la durée de la contamination après l’inondation; et
- l’étendue latérale de la contamination.
La dimension sociale explore :
- la perception des risques des riverains par rapport à la qualité de l’eau de leur puits lors des inondations ;
- leurs pratiques de consommation d’eau pendant les inondations; et
- les points de vue de divers intervenants (riverains, municipalité, agences régionales de l’eau) concernant les rôles, les responsabilités et les approches pour promouvoir la consommation d’eau salubre.
Les résultats de cette étude visent à renforcer la résilience des communautés sujettes aux inondations en intégrant des savoirs scientifiques, locaux et communautaires afin d’élaborer des recommandations pratiques pour réduire les risques de contamination et promouvoir l’utilisation sûre de l’eau pendant les inondations.
Vulgarisation étudiante
Yachar Ben Arous, étudiante à la maîtrise qui a contribué au projet, a remporté le 3e prix lors du concours de vulgarisation du pôle ISE-CIRODD-RIISQ en 2025 pour sa vidéo intitulée Risque de contamination des puits privés lors des inondations dans la région de Stoneham-et-Tewkesbury au Québec vulgarisant un volet de ce projet de recherche :
